Quillabamba, paradis fruitesque (1/4) |
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Ma curiosité insatiable me pousse vers un environnement hostile et mystérieux: la jungle. Chaleur infernale, routes en torrents, moustiques imbibés de malaria, myriades de petites bêtes guettant le moment propice pour mordre, piquer ou s’infiltrer sous la peau, ou encore le sifflement des flèches empoisonnées des indigènes…
Ces craintes s’apaisent rapidement alors qu’on me décrit les innombrables et curieux fruits suspendus au-dessus de la tête de l’aventurier qui, pour s’en saisir, n’a qu’à tendre la main et les porter à la bouche avec délectation. Le choix est fait: à quatre heures du matin, c’est un car bondé qui m’emmène vers de nouveaux horizons. Mais avant de les voir, il faut vaincre un col de quatre mille cinq cent mètres d’altitude, prouesse qui aura pour seuls témoins quelques lamas somnolents. Après, c’est la dégringolade. Comme si on lui avait donné des ailes, le car s’élance vers la vallée. La fraîcheur agréable des sommets se dissipe peu à peu et fait place à une chaleur étouffante. Comme un petit oignon, je me défais de mes habits. Mais au-delà, rien à faire: on se sent comme une vieille mouche collée au fond d’un pot de miel. |
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