Mon passeport, oublié à Paris par le consul d’Ouzbékistan, me rejoint par la poste. Je quitte finalement Varsovie. Inquiet, curieux.
Par les fenêtres du train roulant à vive allure, je contemple les champs de blé qui se perdent au loin. Les rayons lumineux s’y fondent, entourent chaque épi, le cajolent. Sous l’emprise du vent, tout remue, se balance, danse.
Des arbres puissants ne cessent de défiler, sans que je n’arrive à crocher mon regard pensif parmi leurs branches. C’est peut-être que chacun d’eux m’éloigne un peu plus du monde que je crois connaître, où tout semble exprimer une certaine logique.
La machine d’acier avance encore. Mais bien que lancée par une force énorme, elle perd son souffle. Les rails sont tordus, le charbon mauvais, et le machiniste ivre ne prend vraiment rien à cœur. Mais l’ordre est là. C’est pour cela qu’elle roule encore. En roues libres, mais elle roule encore.
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