Dans ma poche intérieure, deux billets de cent et un de vingt frémissent de peur et me font dire:
«Vingt.»
«Quoi?! Mais tu n’as même pas de quoi te payer le visa avec ça!», s’exclame-t-il.
«Ça coûte vingt-cinq dollars.»
Je rectifie vite :
«Deux cents, je voulais dire, j’en ai deux cents.»
Là, comme pris de compassion, il me dit d’un ton déjà plus doux:
«Alors tu partiras…
peut-être.»
Mais le temps passe et je suis toujours sur ce maudit banc. Dehors, des roues crissent. Je veux crier, mais je ne peux pas. Et d’ailleurs... il ne vaux mieux pas. Ici, tout le monde se tait. Une main en uniforme me pousse. Me voilà à nouveau dans un train. Ce n’est pas le bon – non, vraiment pas le bon. Mille yeux se rivent sur moi. Ils transpercent mes habits, me brûlent. Je voudrais m’enfoncer sous terre, disparaître. La chaleur est atroce, tout sent l’alcool.
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