Devant moi, une femme remplit de vieux collants de paquets de cigarettes et se passe ces étranges ceintures autour de la taille: une, deux, trois – quatre!
La blouse retombe par-dessus, un verre de vodka se vide. La voilà prête. A côté, un homme trapu se débrouille tout aussi bien: son caleçon garni de paquets, il fourre le reste dans ses chaussures. Les voilà enfilées. Qui sait, peut-être que celui-là projette de révolutionner le marché frontalier avec ses nouvelles "Écrasettes"…
Soudain, un bruit de verre brisé éclate dans le brouhaha général; une vodka quitte prématurément sa prison de glace. Son propriétaire, hors de lui, se jette à genoux, approche sa bouche du fond du sac et parmi les écueils, sauve avec bravoure le liquide précieux qui s’y répand. Mais avant que je ne puisse lui dire "santé", le train passe sur un pont. Là, les fenêtres s’ouvrent. Tout y passe: plastique, scotch usé, bouteilles. Les cartons des cartouches vides nous quittent également, volent un moment, puis finissent comme le reste dans la rivière. |
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